Catégorie : Exposition

  • Fannie Escoulen, curatrice de l’exposition Nouvelles formes photographiques des École(s) du Sud

    L’école(s) du Sud est heureuse d’annoncer la sélection de Fannie Escoulen pour le commissariat de l’exposition Nouvelles formes photographiques des École(s) du Sud, présentée à la Friche la Belle de Mai de février à mai 2027.


    Porté par les huit écoles supérieures d’art du réseau, ce projet consacré aux pratiques contemporaines de l’image réunira une vingtaine d’artistes émergent·es issu·es des écoles du Sud autour d’une exposition et d’un programme de rencontres et d’événements.

    Diplômée de l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles en 2000, Fannie Escoulen construit depuis vingt-cinq ans un parcours tout entier dédié à la photographie.

    Après plusieurs expériences au sein de centres d’art et d’agences photographiques, elle co-fonde LE BAL (Paris) en 2007 dont elle assure la direction conjointe jusqu’en 2014. Elle poursuit ensuite sa carrière en tant que commissaire d’exposition indépendante, en France et à l’international. Nommée cheffe du Département de la photographie au ministère de la Culture en 2021, elle pilote la stratégie et le développement d’une politique nationale pour la photographie jusqu’à fin 2024.

    Elle se consacre actuellement à des projets d’exposition et d’édition et mène parallèlement une activité de conseil en photographie et en arts visuels, notamment pour la Fnac dont elle accompagne la valorisation de la collection photographique.

    Un projet labellisé Bicentenaire de la photographie.

    L’école(s) du Sud bénéficie du soutien du ministère de la Culture – Direction régionale des affaires culturelles de Provence-Alpes-Côte d’Azur.

    Crédit photo
    : Pauline Fargue

  • Sur la frontière du temps عن و على حدود الزمن On the Border of Time Une relève méditerranéenne

    Sur la frontière du temps, Une relève méditerranéenne réunit seize artistes issu·es des écoles des Beaux-Arts du Maroc, d’Algérie, du Liban et du sud de la France. À travers une pluralité de disciplines, leurs pratiques s’énoncent en regard de la Méditerranée — comme un point d’ancrage qui informe leurs préoccupations et depuis lequel iels agissent.

    Le titre instaure une double perspective, à la fois contextuelle et conceptuelle. Si Une relève méditerranéenne désigne une génération et une géographie, Sur la frontière du temps convoque une expression de Michel Foucault dans L’Archéologie du savoir pour décrire un seuil où la continuité s’interrompt : un espace à la fois proche et lointain.

    Les œuvres surgissent de cette condition, entre un passé qui s’actualise sous des formes fragmentaires ou mouvantes et un présent-future traversé par des forces qui le dépassent. La Méditerranée, souvent fantasmée comme un ensemble monolithique, devient ici le lieu d’une négociation temporelle et spatiale. Ses eaux, ses flux et ses strates mémorielles ne sont pas des sujets de représentation ; ils sont des interlocuteurs.

    Tout au long de l’exposition, les thématiques du mouvement et du seuil reviennent en écho : états d’entre-deux, héritage et métamorphose de la mémoire, intrication de l’histoire et du mythe, ou encore place du vivant non-humain au sein de ces récits.

    Chaque œuvre s’affirme comme un événement singulier, ancré dans ses propres nécessités. L’exposition procède ainsi d’une logique de la rencontre plutôt que du groupement, résistant à l’injonction d’assigner les œuvres à leur géographie d’origine ou à l’expression d’identités figées.

    Affranchies de cette fonction représentative, les œuvres cessent de décrire le monde pour en structurer les conditions de reconfiguration. Elles forment un ensemble où leur résonance mutuelle naît d’une condition partagée, un sol commun sur lequel elles s’élèvent : la discontinuité.

    On y croise les derniers jours d’un taureau de combat camarguais ; une mise en scène de la campagne d’Égypte de Napoléon ; des photographies d’un album de famille délaissées et décolorées par le soleil ; une couronne suspendue de corps enchevêtrés ; un instant de doute dans un cimetière libanais ; des sculptures oscillant entre vécu et mythologie ; les cicatrices d’une traversée possible ; et les Trente-Six Justes luttant pour maintenir l’équilibre.

    À travers des récits fragmentés, des réactivations et des gestes spéculatifs, l’exposition interroge : qu’advient-il du sens, de la mémoire et du savoir lorsque la continuité ne peut plus être présumée, lorsque le fil se rompt ?

    Les œuvres s’accompagnent d’une composante discursive : la transcription d’une conversation chorale où les artistes déploient les processus de pensée à l’œuvre. Ce dialogue inscrit cette relève méditerranéenne autant comme une contre-archive provisoire que comme une invitation à tenir ouverte la frontière du temps.

    Avec :
    Oumayma Abouzid Souali
    Anouch Basbous
    Mounia Bouchra
    Francesco Canova
    Noémie Cartailler-Combe
    Alexia Croset
    Houssem Harrak
    Gil Lekh
    Oualid Lazrak
    Christina Maalouf
    Oussama Mahdhi
    Maëva Pillon
    Achraf Saadi
    Loutfi Souidi
    Fella Tamzali
    Amir Youssef

    Commissariat de l’exposition par Soukaina Aboulaoula

    Dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, une production Parallèle — Pratiques artistiques émergentes internationales avec les écoles membres du réseau L’école(s) du Sud et quatre partenaires de MIRAMAR – l’Académie Libanaise des Beaux-Arts, DARET, l’Institut national des Beaux-Arts de Tétouan et Les Ateliers Sauvages. Avec le soutien de l’Institut français, l’Institut français d’Algérie, l’Institut français du Maroc, l’Institut français du Liban, de la Drac PACA dans le cadre du programme Culture Pro et en coproduction avec la Friche la Belle de Mai.